SANTÉ Coronavirus : l'Algérie redoute une deuxième vague de contaminations

Coronavirus : l’Algérie redoute une deuxième vague de contaminations

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Alors que l’hiver algérois s’installe peu à peu à coups de grisaille et de pluies éparses, l’inquiétude face à la perspective d’une seconde vague de contaminations au nouveau coronavirus se fait de plus en plus sentir.

Après un discours rassurant sur la maîtrise de la pandémie, les autorités algériennes reprennent des éléments de langages alarmistes. Samedi dernier, c’est le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, qui déclarait que « la hausse des cas de Covid-19 est inquiétante », tout en critiquant le « relâchement » concernant les gestes et mesures barrières. « Ce ne sont pas les 275 cas confirmés de vendredi [23 octobre] qui font peur, mais c’est ce qui nous attend à l’avenir si l’on continue de la sorte », s’est-il inquiété.

Ce lundi 26 octobre au soir, l’Algérie compte 276 nouveaux cas de coronavirus ces dernières 24 heures, contre 263 cas dimanche, 250 samedi et 273 cas vendredi, selon le bilan officiel. C’est le troisième jour consécutif de hausse des cas dans le pays.

Reconfinement ? « On ne peut rien écarter »

Dimanche, c’est au tour du Premier ministre, Abdelaziz Djerad de sonner l’alerte : « La situation dans notre pays, et après une maîtrise de la situation sanitaire et l’enregistrement de résultats forts encourageants, montre aujourd’hui des signes perceptibles de relâchement, lesquels suscitent la crainte d’une résurgence de cas de clusters et doivent inciter, non seulement à la prudence, mais surtout à une plus forte mobilisation. »

Le gouvernement s’inquiète des retombées du « relâchement » mais aussi de la reprise, relative, de l’activité économique, de la rentrée scolaire et universitaire et la prochaine reprise de la grande prière du vendredi annoncée pour le 6 novembre prochain dans les mosquées d’une capacité supérieure à 1 000 fidèles.

« La situation est très sérieuse. Il y a des personnes qui meurent quotidiennement. Il faut être très sérieux dans la manière de traiter la situation épidémique », a alerté le Dr Fawzi Derrar, directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie sur les ondes de la radio publique ce dimanche. Le spécialiste a révélé l’identification de sept clusters principaux en Algérie, à l’est et au sud du pays. Ces clusters « sont essentiellement familiaux et favorisés par les fêtes de mariage malgré leur interdiction ». Le patron de l’Institut Pasteur, répondant à la question d’un éventuel reconfinement, a lancé : « On ne peut rien écarter »?

Le président Tebboune confiné

Dimanche, une école primaire a été fermée, dans le village de Tazrout, en Kabylie, où on dénombre pas moins de 18 cas parmi les personnes positives et suspectées d’être contaminées. L’école restera fermée jusqu’au 4 novembre prochain à titre préventif.

Entre-temps, c’est le président Abdelmadjid Tebboune lui-même qui a annoncé, le 24 octobre avoir « entamé volontairement une période de confinement [de 5 jours] suite à la contamination au nouveau coronavirus de cadres supérieurs de la présidence de la République et du gouvernement ». Selon des sources officielles, le chef de l’État « se porte bien et n’est pas contaminé ».

« Nous ne sommes pas dans une situation catastrophique pour le moment, mais nous nous préparons au pire, car les admissions en réanimation commencent à augmenter », témoigne un médecin du pôle Covid d’un hôpital algérois.

À l’hôpital référent de la pandémie du coronavirus, à Boufarik, dans le sud d’Alger où se sont déclarés les tout premiers cas de contamination, « il n’y a plus de place au niveau de l’hôpital pour accueillir les malades atteints de la Covid, les lits de tous les services Covid sont occupés. Aujourd’hui, on a été obligé de transférer les malades vers d’autres hôpitaux de la wilaya [préfecture] de Blida. Alors qu’il y a quinze jours, l’hôpital affichait un taux d’occupation autour de 30 à 40 % », selon Mohamed Yousfi, chef du service infectiologie de cet hôpital qui s’exprimait ce dimanche.

Les soignants épuisés

Samedi, instruction a été donnée par le ministère de la Santé aux différents directeurs d’hôpitaux d’Alger pour se préparer à la hausse des cas qui s’annonce, alors que les soignants, comme le souligne le quotidien El Watan, sont « au bout du rouleau ». Les témoignages du personnel hospitalier sont bouleversants : « Nous n’avons bénéficié à ce jour ni de congés ni de jours de repos. Nous sommes depuis plusieurs semaines sur le front face à une maladie contagieuse avec tout ce que cela pourrait entraîner comme facteurs d’anxiété et d’épuisement. Aujourd’hui, nous sommes face à une nouvelle hausse de cas avec toujours les mêmes équipes. » Souvent isolés de leurs familles, contraints à un rythme soutenu et luttant contre les dysfonctionnements d’un système sanitaire bureaucratique, les soignants doivent en plus subir les images du relâchement dont ils sont témoins. Comme ce chef de service de médecine légale au CHU de Beni Messous (Alger-Ouest) qui se plaint à El Watan : « Les personnels de santé continuent quand même à travailler, alors que nous observons un relâchement total vis-à-vis des mesures barrières. C’est ce que nous constatons au niveau de l’hôpital, lorsque des familles viennent récupérer à la morgue le corps d’un de leurs proches décédé sans respect des gestes barrières, le port de masque, par exemple. Ce sont autant d’exemples qu’on peut citer. »

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