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Bayonne : Comment la start-up Lunii a rapatrié de Chine la production de sa « Fabrique à Histoires »

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ECONOMIE Alors que les ventes de ce petit boîtier qui raconte des histoires pour enfants explosent, la start-up Lunii a réussi à relocaliser la production jusqu’ici réalisée en Chine, dans une usine de Bayonne.

  • Il devrait se vendre cette année quelque 300.000 exemplaires de « Ma Fabrique à Histoires », un boîtier qui permet aux enfants d’écouter des histoires dans une arborescence qu’ils choisissent eux-mêmes.
  • Grâce à ce succès commercial, une usine de Bayonne, BMS Circuits, a pu automatiser les process de fabrication, pour quasiment s’aligner avec les coûts de production chinois.
  • Depuis le 15 octobre, le produit mis en vente est ainsi 100 % made in France.

La nouvelle histoire de Lunii, ne fait pas partie du petit boîtier qui se vend comme des petits pains depuis la rentrée, et que les enfants adorent tant. Non, celle-là plaît davantage aux parents, et raconte comment la petite start-up française a réussi à rapatrier sa production, de Chine jusqu’à  Bayonne (Pyrénées-Atlantiques).

Tout a démarré en 2017 au CES (Consumer Electronic Show) de Las Vegas. « Nous nous sommes rencontrés et Lunii nous a alors fait part de son projet de relocaliser sa production », raconte Karim Mahé le directeur de l’usine BMS Circuits, à Mouguerre dans la banlieue de Bayonne. Les deux parties en restent là, mais l’idée va continuer de faire son chemin.

BMS Circuits « s’est quasiment alignée avec les produits chinois »

« En fait, nous avons toujours voulu avoir une production française, assure Igor Krinbarg, un des fondateurs de Lunii, mais au démarrage nous n’en avions simplement pas les moyens. Nous sommes allés toquer auprès de différentes usines et les coûts étaient trop chers pour une start-up débutante comme la nôtre. » Karim Mahé confirme que pour être compétitif, « il faut automatiser les process. Pour cela, il faut de gros volumes de production. A son lancement, Lunii produisait entre 5.000 et 10.000 pièces par an, c’était difficile pour nous d’être compétitif, maintenant que l’entreprise a besoin de 200.000 pièces, et certainement beaucoup plus dès l’année prochaine, cela nous permet de nous aligner. »

Il faut dire que depuis 2015, la petite start-up a bien grandi. « En 2016, nous avons écoulé 20.000 pièces, se remémore Igor Krinbarg. En 2017, nous sommes passés à 80.000, puis 160.000 l’année suivante, 240.000 en 2019 et cette année nous devrions être aux alentours de 300.000. Cela fait plus de 700.000 en quatre ans. » Exponentiel. « Nous avons réellement commencé à nous développer en 2018, à partir de là nous nous sommes dit qu’il était temps de relocaliser. Nous nous sommes alors associés à un bureau d’études français, KickMaker, qui nous a aidés à redesigner le produit, puis nous sommes allés démarcher des usines, deux en Europe et trois en France, et c’est BMS Circuits qui s’est démarquée. Elle s’est quasiment alignée avec les produits chinois, à quelques euros voire centimes d’euros près. »

« Notre combat est de récupérer les entreprises parties à l’étranger »

Pour cela, l’usine bayonnaise a dû repenser la fabrication du produit avec KickMaker pendant un an et demi. « Au final, le client ne voit aucune différence, mais à l’intérieur, cela n’a plus rien à voir. Par exemple, là où les Chinois avaient besoin de 14 vis assemblées à la main par trois à cinq personnes, nous fabriquons le produit avec quatre vis assemblées à la visseuse semi-automatique. De trois cartes électroniques différentes, nous sommes passés à une seule carte, ce qui veut dire un seul process de fabrication. C’est comme cela que nous sommes compétitifs. »

Si le patron de BMS Circuits est évidemment ravi d’avoir doublé son concurrent chinois, il assure que « ce n’est pas une surprise. C’est devenu notre démarche que d’aller chercher des clients qui veulent rapatrier leur production en France. L’année dernière, sur cinq nouveaux clients, trois ont été conquis dans le cadre d’une relocalisation. Nous sommes spécialisés dans l’électronique, et si plusieurs entreprises du secteur sont parties ces dernières années vers d’autres pays, notre combat aujourd’hui est de les récupérer dans le but de faire vivre l’électronique en France. »

« En France, les process sont plus lents mais plus cadrés »

Lunii assure de son côté pouvoir ainsi proposer un produit « plus fiable, grâce à l’automatisation. En Chine, on travaille rapidement, on a un produit qui est prêt plus facilement, parce que c’est leur façon de faire. En France, les process sont plus lents, mais plus cadrés. Du coup, on a quelque chose de plus abouti. »

La production sur les chaînes de Bayonne a démarré le 15 juillet dernier, et le produit « made in France » est disponible chez les revendeurs (Oxybul, Fnac, Nature et Découvertes) depuis le 15 octobre. « Nous avons réussi à écouler quasiment tout le stock de V1 jusqu’à septembre, le reste nous l’avons récupéré et nous nous en servirons pour du SAV jusqu’à la fin de l’année », explique Igor Krinbarg.

Ce boîtier qui ressemble à un transistor, propose une arborescence de 48 histoires pré-écrites à écouter. L’enfant choisit un héros, un lieu, un objet, et va se retrouver en fonction de ses choix transporté dans des univers différents, au milieu de sirènes ou de pirates. La nouvelle version est proposée au même prix que l’ancienne (59,90 euros).

 

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