AFRIQUE Les coulisses d'une libération

Les coulisses d’une libération

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« Les coulisses d’une libération ». C’est un titre que l’on retrouve, à la fois, en Une du Figaro et en Une de Libération justement, quand Le Monde préfère afficher, lui, « la fin du calvaire pour Sophie Pétronin ». Car les journaux reviennent évidemment sur la libération de cette humanitaire française de 75 ans, jeudi soir après presque quatre ans de captivité au Mali.

Une libération, oui, et « beaucoup de questions » selon Le Parisien Aujourd’hui en France. La première d’entre elles, sur l’attitude d’Emmanuel Macron hier lorsqu’il a accueilli l’ex-otage à l’aéroport de Villacoublay. « Devant les journalistes massés, peut-on lire, un micro a été installé » pour une allocution, mais finalement le président « change d’avis et rentre à Paris » sans un mot. Alors, « pudeur ou prudence ? », se demande le journal au regard notamment de la « polémique » naissante sur la seconde interrogation, à savoir l’attitude de Sophie Pétronin.

Sur RFI [oui on est cité dans quasiment tous les journaux ce matin]. Sur RFI, reprend le journal, Sophie Pétronin « tient des propos ambigus sur ses ravisseurs ». Elle ne les voit pas comme des jihadistes mais parle de « groupes d’opposition armée ». Elle se revendique musulmane et dit ne plus s’appeler Sophie mais Mariam. Au point qu’un conseiller gouvernemental se demande, toujours selon Le Parisien, « est-ce qu’elle n’a pas basculé ? »

« Une résilience à toutes épreuves »

Libération, de son côté, se montre beaucoup plus clément envers Sophie Pétronin. « Quel étrange et dérangeant déferlement de haine », dénonce l’article. « Rarement une libération d’otage n’aura été à ce point vilipendée », « les réseaux sociaux [ont déversé] des tonneaux d’injures ». Libé préfère voir ici « une résilience à toutes épreuves » de la part de Sophie Pétronin. Et le quotidien préfère surtout revenir sur les coulisses de ce qu’il appelle « une libération sous hautes conditions ».

Le Figaro parle quant à lui d’une « coûteuse libération », au regard notamment du nombre de prisonniers échangés. « Au moins 200 jihadistes », rappelle Le Figaro. Beaucoup ne sont que « des seconds couteaux » note-t-il, mais il y a aussi « des noms connus », impliqués dans des attentats. Libération va plus loin : le journal affirme avoir mis la main sur la listes des détenus échangés… Et « parmi eux, confirme-t-il, figurent des petites célébrités du jihad sahélien ». Il cite par exemple, comme Le Monde hier déjà, « le Mauritanien Fawaz Ould Ahmed, alias « Ibrahim 10 », lieutenant de Mokhtar Belmokhtar, le chef d’Al-Mourabitoune ». Libé donne ensuite une série d’autres identités et de pedigrees peu rassurants en effet.

« Le Haut-Karabakh, reflet du désordre mondial »

La presse française suit toujours par ailleurs le conflit du Haut-Karabakh. « Le Haut-Karabakh, reflet du désordre mondial », titre Le Monde qui explique ensuite : « L’entrée de la Turquie dans le conflit, au côté de l’Azerbaidjan, ilustre sa volonté de profiter du vide laissé par les Etats-Unis et des hésitations de la Russie. » Oui, le Haut-Karabakh est « un cas d’école, dispute territoriale lancinante au sein de l’espace post-soviétique », renchérit l’article avant de rappeler « les affrontements meurtriers actuels, provoqués par l’offensive de l’Azerbaidjan contre ce territoire peuplé majoritairement d’Arméniens »

De son côté, Le Figaro voit bien, justement, que « Poutine tente désormais de reprendre la main ». Le président russe accueillait hier à Moscou « des négociations pour tenter d’amorcer un dialogue, en présence des ministres des affaires étrangères arménien et azerbaïdjanais ». Après deux semaines de combats, Moscou « espère imposer un cessez-le feu », explique Le Figaro.

Le quotidien relève aussi la position de l’Iran, qui possède des frontières communes avec l’Arménie et l’Azerbaïdjan, et qui est surtout « gêné par un conflit entre deux voisins et alliés ». Un officiel à Téhéran le reconnait d’ailleurs. En tout cas, nous apprend encore l’article, le conseiller diplomatique de l’ayatollah Khamenei, l’ancien ministre des Affaires étrangères Akbar Velayati a mis les points sur i… « Notre patience a des limites » a-t-il prévenu, alors qu’une vingtaine de mortiers sont déjà tombés sur des villages du Nord-Ouest de la république islamique.

Un prix qui ne fait pas grand bruit cette année

Pas de grands titres pour le prix Nobel de la paix, moins remarqué que les années précédentes en effet. Si ce n’est pour Libération qui consacre tout de même une double page à ce prix Nobel de la paix remis hier au Programme alimentaire mondial des Nations unies. « Une consécration qui survient au moment où l’objectif d’une « faim zéro » en 2030 s’éloigne avec la crise du Covid », souligne l’article. Libé propose ensuite une interview du président de l’ONG Action contre la faim. Pierre Micheletti y dénonce le « monopole occidental » des dons effectués au PAM. Et, par là même, le fait que l’humanitaire soit un « outil de soft power pour les pays donateurs , venant majoritairement d’Europe de l’Ouest ou d’Amérique du Nord ». L’humanitaire (ou l’aide au développement), outils de soft power ? On n’ose pas y croire.

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