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Pourquoi le racisme a cessé d’être envisagé comme une question de santé publique

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Jusqu’à Richard Nixon, les États-Unis étudiaient officiellement les liens entre problèmes sociaux et santé mentale.

Les Noirs américains sont 2,4 fois plus susceptibles de mourir du Covid-19 que les Blancs. Cette conclusion d’une étude publiée en mai est un exemple frappant des liens qui peuvent exister entre racisme et santé.

Les liens entre ces deux phénomènes ont longtemps été peu abordés, mais de plus en plus de monde réclame que la médecine se penche sérieusement sur le sujet. En juillet, le Wall Street Journal racontait qu’après la mort de George Floyd, de nombreux psychologues et psychiatres ont mis en avant les dégâts que le racisme peut causer sur la santé mentale.

Dans le sillage du mouvement Black Lives Matter, ces dernières semaines, un certain nombre d’État américains ont ainsi déclaré le racisme «crise de santé publique». La prestigieuse revue scientifique The Lancet a elle aussi publié un article allant dans ce sens.

Pourtant, jusque dans les années 1970, le rôle que jouent le racisme et les autres problèmes sociaux dans la santé des Américains faisait partie des sujets couramment étudiés par la recherche médicale publique aux États-Unis.

Nixon change la donne

Quartz raconte que pendant la présidence de Lyndon Johnson, l’Institut national de la santé mentale (NIMH) dédiait un cinquième de son budget aux effets des problèmes sociaux, dont le racisme, sur la santé mentale.

Mais lorsque le Républicain Nixon arrive au pouvoir en 1968, ces recherches ne sont pas à son goût. Dans une étude publiée en 2010, le sociologue Allan Horwitz explique que «son administration et le Congrès ont attaqué le NIMH car il finançait la recherche sur la pauvreté, le racisme et la violence».

Interrogé par Quartz, Howitz précise que «les Républicains comme Nixon mettaient l’accent sur la responsabilité individuelle, contrairement à la position du NIMH pour qui les maux sociaux conduisaient à une mauvaise santé mentale». Une thèse trop à gauche pour la nouvelle administration.

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