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Coronavirus : Des tests sérologiques peu fiables, des anticorps qui baissent… Et si notre mémoire immunitaire pouvait nous protéger ?

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CORONAVIRUS Les anticorps neutralisants fabriqués chez une personne qui a contracté le coronavirus baissent rapidement dans le sang.

  • Des travaux scientifiques démontrent que l’immunité pourrait disparaître en quelques mois chez les personnes qui ont contracté le coronavirus et développé des anticorps.
  • Cette baisse signifierait qu’une personne guérie du Covid-19 pourrait potentiellement le contracter à nouveau quelques mois après sa première infection.
  • A moins que le système immunitaire ne garde en mémoire la réponse qu’il a fournie pour combattre le virus.

Fièvre, toux, fatigue intense. Nombreux sont celles et ceux qui ont éprouvé ces symptômes il y a quelques mois, alors que l’épidémie de coronavirus s’installait en France et que les tests de dépistage n’étaient pas accessibles à tous, mais effectués en priorité sur les cas les plus sévères.

Alors, quelques mois plus tard, comment savoir s’il s’agissait ou non du Covid-19 ? Grâce à un test sérologique, qui cherche la présence d’anticorps dans le sang. Mais tous n’offrent pas la même fiabilité. Et un résultat positif ne signifie pas que l’on est durablement immunisé contre la maladie. Mais le système immunitaire garde-t-il en mémoire sa réaction de défense face au virus ? Serait-il capable de reproduire cette réponse en cas de nouvelle exposition au coronavirus ?

Des tests sérologiques parfois peu fiables

Une simple goutte de sang piquée au bout du doigt et quelques minutes d’attente. Il n’en faut pas plus pour passer un test sérologique à la pharmacie du coin. Depuis un arrêté publié début juillet au Journal officiel, « les pharmaciens d’officine peuvent réaliser les tests rapides d’orientation diagnostique sur sang capillaire de détection des anticorps dirigés contre le SARS-CoV-2 ». Ces tests, en recherchant la présence d’anticorps dans le sang, indiquent si l’on a été en contact avec le virus. Problème : ils sont d’une fiabilité modérée. « Il y a beaucoup de faux résultats – près de 40 % – avec ces TROD, parce qu’ils sont réalisés sur le sang total, ce qui diminue la sensibilité du test, donc son efficacité, explique à 20 Minutes le Dr François Blanchecotte, président du syndicat des biologistes. Ces tests ne sont qu’une image instantanée du jour précis où vous les faites. Le résultat peut être négatif, alors que vous pouvez développer des anticorps quelques jours plus tard ». De quoi rassurer ou d’inquiéter – sans fondement solide – celles et ceux qui les passent. « Il ne s’agit pas des tests sérologiques prescrits par les médecins et réalisés en laboratoires, précise le biologiste. Ces tests, eux, sont validés par le Centre national de référence de l’Institut Pasteur ».

« Quel que soit le test sérologique, il subsiste pour l’instant une incertitude : la présence d’anticorps garantit-elle une protection, une immunité, contre le virus – et si c’est le cas, sous quelles conditions et pour combien de temps ? », s’interroge la Haute autorité de santé, qui estime ainsi que « le recul ne permet pas à ce jour de l’affirmer avec certitude ».

Pas d’immunité protectrice longue

En France comme dans le reste du monde, les premiers malades ont développé le Covid-19 il y a maintenant cinq à six mois. Mais qu’en est-il de la présence d’anticorps dans leur sang aujourd’hui ? Sont-ils encore protégés face au coronavirus ? La réponse serait non : l’immunité basée sur les anticorps, acquise après avoir guéri du Covid-19, disparaîtrait la plupart du temps en quelques mois, selon une étude britannique réalisée par les chercheurs du King’s College de Londres. Ils ont étudié la réponse immunitaire de plus de 90 cas confirmés (dont 65 par tests virologiques) et montrent que les niveaux des anticorps neutralisants, capables de détruire le virus, atteignent un pic en moyenne trois semaines environ après l’apparition des symptômes, puis déclinent rapidement.

« Nous avons encore assez peu de visibilité sur cette question, indique le Dr Blanchecotte. Seules deux ou trois publications internationales ont été produites et elles portent sur des cohortes assez petites, d’environ une centaine de patients. Mais les résultats préliminaires de ces travaux montrent que deux mois après leur contamination au Covid-19, seuls 16 % des patients étudiés avaient encore des anticorps. Et la lecture de ces résultats est très claire : cela signifie qu’en cas de deuxième vague, la majorité des patients ne seront plus immunisés et pourront de nouveau contracter le coronavirus », prévient le médecin biologiste, faisant un parallèle avec « la grippe, que chaque individu peut potentiellement contracter chaque année ».

L’immunité cellulaire, « une piste porteuse d’espoir »

Dans les faits, « la virémie du Covid-19 est assez courte, c’est-à-dire que le virus ne reste pas dans le sang très longtemps », rappelle le Dr François Blanchecotte. Si le niveau d’anticorps présents dans le sang baisse, comme on l’a dit, assez rapidement dans les semaines suivant la contamination, peut-on alors compter sur une autre forme d’immunité ? Après avoir lutté contre le coronavirus, le système immunitaire en garde-t-il la mémoire et peut-il protéger l’organisme s’il est à nouveau en contact avec la maladie ?

C’est ce que pensent les chercheurs du King’s College, qui font remarquer que l’immunité ne repose pas que sur les anticorps, l’organisme produisant également des cellules immunitaires (B et T) qui jouent un rôle dans la défense. « Même si vous vous retrouvez sans anticorps circulants détectables, cela ne signifie pas nécessairement que vous n’avez pas d’immunité protectrice, parce que vous avez probablement des cellules mémoires immunitaires qui peuvent rapidement entrer en action pour démarrer une nouvelle réponse immunitaire si vous rencontrez à nouveau le virus. Il est donc possible que vous contractiez une infection plus bénigne », avance la professeure d’immunologie virale Mala Maini, consultante à l’University College de Londres.

Une piste également étudiée dans l’Hexagone par les chercheurs de l’Inserm, qui s’interrogent sur « la nature exacte de cette réponse mémoire chez les personnes qui ont été infectées par le SARS-CoV-2, explique Simon Fillatreau, immunologiste de l’Inserm à l’Institut Necker, qui pilote ces travaux. Avec ce travail, nous découvrirons si les réponses mémoires sont hétérogènes ou homogènes selon les individus, si la quantité des cellules mémoires diminue au cours du temps ou non et, si oui, à quelle vitesse ». Des travaux qui, en outre, pourraient à terme permettre une évaluation plus efficace des vaccins en cours de développement. « La piste de l’immunité cellulaire est porteuse d’espoir, commente le Dr Blanchecotte. Elle pourrait être plus longue que nous ne l’imaginions, ce qui serait évidemment précieux dans la lutte contre le coronavirus »

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