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« Je pensais m’y être préparé »: Sarkozy dévoile les secrets de son quinquennat

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« J’étais tout à la fois calme et parfaitement conscient d’être au bord du précipice. » Un an après la parution de PassionsNicolas Sarkozy lève à nouveau un coin de voile sur les coulisses de sa longue et tumultueuse carrière politique. Après la chiraquie, l’opposition et l’ascension fulgurante, vient désormais l’exercice du pouvoir.

Préparé en secret, son nouvel ouvrage, intitulé Le Temps des Tempêtes et qui sort en librairie vendredi, porte sur ses premières années à l’Élysée. À la fois récit de coulisses (notamment sur la crise financière qu’il a dû affronter), réflexion politique personnelle et galerie de portraits, ce premier tome devrait susciter son lot de réactions.

« Ils ont aimé mon dynamisme, avant de s’en inquiéter »

Tout aussi admiré que vilipendé pour sa façon d’exercer le pouvoir, Nicolas Sarkozy donne quelques clés de lecture de « l’hyperprésidence » qu’il a incarnée.

« Je savais que sur les 100% d’énergie et de volontarisme qui sortaient de mon bureau élyséen, à peine 10% arriveraient sur le terrain. J’avais donc décidé de m’occuper de tout », reconnaît-il.

En filigranes, il y a là ses rapports compliqués avec ses équipes, en particulier son Premier ministre François Fillon, que le chef de l’État a très tôt qualifié de « collaborateur ». Il y a également sa personnalité éruptive et son absence de surmoi, qui après avoir séduit les Français a généré une forte animosité.

« Trouver le ton juste est bien difficile et ce d’autant que l’humeur des Français est changeante (…) Ils ont aimé mon dynamisme, avant de s’en inquiéter. Je n’avais pas changé, les Français, si », observe-t-il rétrospectivement.

Et l’ancien ministre de l’Intérieur de Jacques Chirac d’en tirer une appréciation – assez neutre, finalement – sur ses successeurs:

« Ils ont apprécié la normalité de François Hollande, avant de la détester. François Hollande n’avait pas changé, les Français, si. Et je pourrais sans doute avancer le même paradoxe à propos de la jeunesse du président Macron. »

« C’était vertigineux »

Naturellement, une part substantielle de l’ouvrage est consacrée aux turbulences vécues à l’Elysée, en particulier durant les multiples crises économiques qui ont suivi le krach boursier de 2008.

« Je pensais m’y être préparé. Ce n’était qu’une illusion (…) C’était vertigineux, tellement fort que cela ne provoquait bizarrement aucune excitation intérieure. J’étais tout à la fois calme et parfaitement conscient d’être au bord du précipice », évoque ainsi Nicolas Sarkozy.

Il émet par ailleurs ce bémol sur sa propre action, qui entre d’ailleurs en résonnance avec le réformisme affiché d’Emmanuel Macron:

« Je ne suis pas allé assez loin dans la rupture économique. »

Une référence à sa campagne de 2007, dont l’un des principaux leitmotivs était justement la rupture avec l’ère Chirac, aussi bien sur le plan de la gestion économique que celui de l’incarnation.

« Les observateurs décrivaient par le menu chaque détail de ma vie professionnelle, me prêtant à chaque fois des intentions machiavéliques, sans jamais imaginer la part immense laissée, dans l’exercice du pouvoir, à l’intuition, au hasard, aux circonstances », développe également l’ex-chef de l’État.

Bayrou, la rancune tenace

Viennent ensuite les personnalités politiques que Nicolas Sarkozy a abondamment côtoyées, parfois durement affrontées, à droite comme à gauche. François Bayrou, l’homme qui a voté pour François Hollande au second tour de l’élection présidentielle de 2012, suscite par exemple une rancune tenace chez l’ancien patron de l’UMP:

« Son tempérament profond le portait à une détestation de tous ceux qui avaient réussi là où il avait lui-même échoué. »

Dans un article du Figaro portant sur les coulisses de la rédaction du livre, entamée le 15 mars, Nicolas Sarkozy en rajoute d’ailleurs une couche au sujet du maire de Pau:

« Ce que j’essaie de faire à chaque fois c’est de partir du personnel pour aller vers l’universel. Ce qui m’intéresse, ce n’est pas Bayrou mais ce personnage omniprésent dans la littérature et dans nos vies du donneur de leçon qui se trouve l’arroseur arrosé. C’est Frollo, le curé de Notre-Dame! C’est en cela que Bayrou est intéressant. »

Quant à Laurent Fabius, qu’il a notamment affronté lors d’un débat sur France 2 durant la campagne de 2012, « il fait partie de ces gens qui croient, avec une sincérité désarmante, que tout leur est dû (…) s’étonnant que d’autres puissent leur contester la place », écrit l’ex-président dans ces mémoires.

Article original publié sur BFMTV.com

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