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Le Parlement égyptien donne son feu vert pour une possible intervention en Libye

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Le Parlement égyptien a approuvé à l’unanimité, lundi 20 juillet, une possible intervention armée en Libye. Les députés ont réagi à l’avancée des forces gouvernementales libyennes vers l’est. L’Egypte, qui soutient le camp du maréchal Khalifa Haftar, entend « défendre la sécurité nationale » face au Gouvernement d’union nationale.

Abdel Fattah al-Sissi avait prévenu, jeudi 16 juillet. Le président égyptien avait déclaré que l’Egypte « ne restera pas inerte devant tout mouvement qui constituerait une menace directe pour la sécurité nationale ». En écho aux mots du chef d’Etat, le Parlement égyptien a approuvé ce lundi 20 juillet l’idée d’une possible intervention armée en Libye.

L’avancée du GNA vers Syrte inquiète l’Egypte, soutien du maréchal Haftar

Lors d’un vote à huis-clos, les députés égyptiens ont approuvé à l’unanimité un éventuel envoi « d’éléments de l’armée égyptienne dans des missions de combat hors des frontières » afin de « défendre la sécurité nationale », indique un communiqué du Parlement, qui reprend l’expression employée il y a quelques jours par Abdel Fattah al-Sissi.

A partir de maintenant, le président égyptien a donc les mains libres, pointe notre correspondante au Caire, Alexandre Buccianti. Il peut mettre à exécution sa menace d’intervenir militairement si les forces du Gouvernement d’union nationale de Tripoli soutenues en hommes et armement par la Turquie, franchissaient la ligne allant de Syrte à Joufrah dans le centre de la Libye. L’article 152 de la Constitution exige que le président obtienne l’accord du parlement avant de déclarer la guerre ou d’envoyer des troupes se battre à l’étranger.

La semaine dernière, c’est le parlement libyen de Toubrouk qui avait donné le feu vert à une intervention militaire égyptienne. Par souci « légaliste », Le Caire a aussi convié des chefs de tribus libyennes qui, de la capitale égyptienne, ont appelé le président Sissi à « libérer la Libye de l’occupation turque ». Mercredi Sissi avait eu une conversation téléphonique avec le président français sur la Libye. Des Rafales, Mig29, blindés et des milliers d’hommes sont actuellement massés à la frontière libyenne.

Un pays divisé

La Libye est déchirée entre d’un côté le Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU est soutenu par la Turquie notamment, et de l’autre le maréchal Khalifa Haftar, qui règne sur l’Est et une partie du Sud du pays et qui peut compter sur le soutien de l’Egypte, des Emirats arabes unis et de la Russie.

En juin dernier, l’Egypte avait déjà averti qu’une avancée des forces du GNA vers l’Est était susceptible de provoquer une intervention armée de sa part. Les derniers mouvements du GNA vers Syrte, ville sous contrôle du maréchal Haftar et point stratégique dans l’exploitation des ressources pétrolières libyennes, ont entraîné une nouvelle escalade des tensions.

Samedi 18 juillet, l’Allemagne, la France et l’Italie avaient appelé les puissances étrangères à ne plus violer l’embargo sur les armes en Libye et à « cesser leurs interférences » dans ce pays en proie à une guerre civile depuis 2011. Les trois nations européennes exprimaient leurs « graves préoccupations » quant à « l’augmentation des tensions militaires » en Libye et menaçaient de sanctions les puissances étrangères soutenant les belligérants. Un avertissement qui apparaît, pour l’heure, peu dissuasif.

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