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Le plan de relance de l’UE bloqué par les États «frugaux»

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Les 27 chefs d’états et de gouvernements de l’Union européenne ont clos ce vendredi soir 17 juillet leur première journée de sommet européen sans un signe de fumée blanche sur les épineux dossiers du plan de relance européen et du budget de l’UE. Bien au contraire, c’est sur un constat de blocage que se sont séparés les dirigeants européens. Un blocage net autour des conditions d’attribution des fonds du plan de relance, les 750 milliards proposés par la France et l’Allemagne. L’opposition du club des pays frugaux a été à la hauteur des attentes avec en vedette Mark Rutte, l’intransigeant Premier ministre néerlandais.

Au nom du club des pays frugaux, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte réclame un droit de regard sur l’utilisation des fonds. Selon lui, les pays qui en bénéficieront, Espagne et Italie en première ligne donc, devront offrir des garanties de réformes. Avec un niveau d’ambition comparable par exemple aux dures réformes des retraites et du marché du travail menées ces dernières années aux Pays-Bas.

Mark Rutte demande même que les plans de relance des bénéficiaires soient approuvés à l’unanimité par les 27. On le dit isolé car il irait au-delà des exigences des autres pays frugaux mais Finlande, Suède, Autriche et Danemark le laissent peut-être volontairement partir en pointe.

Ouverture autrichienne ?

Un tel niveau de contrôle est en tout cas inacceptable pour la plupart, en particulier pour les pays du Sud. Ils ont gardé un souvenir amer des remèdes de cheval imposés en contrepartie des plans d’aide européens lors de la crise financière.

Il y a en revanche des ouvertures qui se dessinent au sein de ce même club des pays frugaux puisque le chancelier Autrichien Sebastian Kurz semble avoir abandonné son opposition frontale à l’idée d’un financement des 750 milliards par des emprunts sur les marchés financiers. Pour lui, ce plan de relance ne grave pas dans le marbre le principe d’une mutualisation de la dette et serait donc acceptable s’il est garanti qu’il ne faut pas le reproduire à l’avenir. Et l’idée de demander aux pays bénéficiaires des garanties de discipline budgétaire revient donc en force.

Nouvelle méthode pour éviter les prises de bec

La méthode est très différente des sommets précédents. Non seulement ce n’est plus une visioconférence comme le sommet virtuel du 19 juin, mais surtout, contrairement au sommet de février qui avait échoué sur le budget européen, il y a cette fois eu une très longue session plénière.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, avait essuyé en février des critiques sévères. Il avait été accusé d’être trop confiant dans le compromis à la belge où on s’assoit autour d’une table qu’on ne quitte pas sans solution, accusé de n’avoir pas fait le travail de préparation diplomatique préalable.

Cette fois-ci, le ballet diplomatique a été intense et les chefs d’États et de gouvernements sont en quelque sorte en conclave. Ils n’ont pas quitté la table de la session plénière pendant sept heures et après une pause de trois heures, ils ont repris leurs travaux à 27.

Le mérite de la méthode, c’est que chaque pays peut exposer son point de vue et que les débats n’ont pas pour l’instant provoqué de prises de bec. Charles Michel se résigne à des négociations lentes mais efficaces. Et la lenteur est réelle.

Giuseppe Conte met la pression pour surmonter les divergences

L’Italie continue d’espérer que le plan de relance économique de 750 milliards d’euros proposé par la Commission européenne face à la crise du coronavirus, soit adopté par les 27 pays de l’UE sans grand changement et avant la fin juillet, rapporte notre correspondante à Rome, Anne Le Nir.

La presse italienne relève que le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, et le président la République française, Emmanuel Macron, sont « unis comme jamais » pour tenter de faire adopter, rapidement, le plan de relance européen. Mais il n’est pas dit que cette entente suffise pour aboutir à un pacte avec les plus réticents, notamment les Pays-Bas et l’Autriche.

Or, d’une part le gouvernement Conte pourrait subir les contre-coups d’un échec. D’autre part l’Italie, très durement frappée par la crise du coronavirus, qui a fait plonger son économie déjà fragile, a désespérément besoin des 172 milliards d’euros qui devraient lui être alloués, en particulier pour relancer l’emploi des jeunes, dont le taux de chômage atteint près de 30% avec des pics de 40% dans les régions du sud comme la Calabre.

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