ACCUEIL Porter un masque pour mieux fermer sa grande gueule

Porter un masque pour mieux fermer sa grande gueule

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Quel est le problème à porter un masque dans un endroit confiné? Ce n’est pas comme si on nous demandait de sacrifier un rein.

Les masques! Les masques! Les masques! Je n’arrive même pas à comprendre comment cinq mois après le début de la pandémie, on en soit encore à se chamailler autour de son utilité ou de sa nécessité. Ce n’est tout de même pas difficile à comprendre: quand tu es dans un endroit confiné, une boulangerie, un supermarché, un cinéma porno, tu te mets un masque sur la tronche et la messe est dite. Le reste du temps, tu fais ce qu’il te plaît en évitant si possible d’emmerder ton monde.

Faut-il vraiment attendre une énième consigne gouvernementale pour mettre en pratique cette résolution qui tombe sous le sens? Lors de son interview télévisée du 14 juillet le président a dit que ce serait à partir du 1er août que cette mesure s’appliquera comme s’il annonçait un changement de civilisation d’une portée si radicale que deux semaines ne seront pas de trop pour préparer les esprits à cette révolution des mentalités. Et puis quoi encore? Va-t-on aussi créer des cellules psychologiques, des groupes d’entraide, des numéros verts afin d’accompagner au mieux la population dans cette terrible épreuve?

Quel est le problème à porter un masque dans un endroit confiné? Ce n’est pas comme si on nous demandait de sacrifier un rein. Ou de dénoncer ses parents à la Kommandantur. Voire de renoncer à tout jamais à saucer son bœuf bourguignon avec un morceau de pain. Pourtant à écouter certains, porter un masque serait comme de dire adieu à ce que nous avons de plus cher au monde. Une sorte de renoncement à sa liberté individuelle propice à la mise en place d’un régime autoritaire. Une remise en cause de l’État de droit. Et allons donc!

Aberrant.

Certes, j’en conviens aisément, porter un masque est aussi agréable que de se promener avec un suppositoire dans le fondement. On ne s’entend plus penser, le cœur au bout de 2 minutes se met à avoir des vapeurs et au bout d’un quart d’heure, on est aussi épuisé que si on venait de parcourir un marathon dans un sauna suédois.

Moi-même, après m’être perdu dans les allées d’un supermarché, aveuglé que j’étais par un bout de masque rétif à tenir en place, j’ai à deux reprises aperçu le Christ en personne qui se tenait là, à genoux, occupé à prier comme un rabbin égaré dans une mosquée. En fait, c’était juste le responsable des approvisionnements qui donnait une dernière retouche à une rangée de pots de confiture située tout en bas d’un rayonnage. La fatigue, vous dis-je.

Il est vrai aussi que le masque ne sied guère à des physiques éclatants comme le mien. De mon visage d’ordinaire resplendissant, on n’aperçoit plus que deux cavités où stagne en eaux profondes une paire d’yeux rendus aussi vivaces qu’un vendeur de glaces sous les tropiques. L’effet de la chaleur combiné à cet état d’asphyxie quand à force d’expectorer sa propre respiration contre les parois du masque, on en vient à manquer de tout, du souffle comme de l’envie de vivre. D’ailleurs c’est à se demander si le suicide par masque ne serait pas le plus beau des accomplissements à réaliser par les temps qui courent. Une sorte d’immolation par extinction progressive des poumons.

Cependant que représentent toutes ces souffrances comparées à ce sentiment de délivrance, quand à peine rendu dehors, d’un geste rageur, on se débarrasse de son putain de masque? Qui saura dire ce bonheur de renaître à la vie, cette exaltation de la bouche qui s’emplit d’air frais venu tout droit des pots d’échappements d’un car à l’arrêt, ce frisson orgasmique qui s’empare de tout notre être comme si nous venions d’échapper à la pire des catastrophes? Ainsi d’une mort par strangulation évitée de peu, suite à l’absorption précipitée d’une huître coincée au niveau du larynx. Ou d’une noyade impromptue dans une piscine municipale, à l’heure de la marée haute.

Bref, arrêtons une bonne fois pour toutes de polémiquer autour de la question du masque. C’est juste une habitude à prendre. Comme de mettre sa ceinture. Ou d’injurier l’arbitre quand il siffle un pénalty à l’encontre de votre équipe favorite. Trois fois rien. Un mauvais moment à passer. Un réflexe.

Vous verrez, dans cinq ans, on mettra son masque sans même y penser!

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