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Boeing ukrainien abattu en Iran : un mauvais réglage de radar à l’origine du drame

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L’origine du drame du Boeing ukrainien abattu le 8 janvier près de Téhéran avec 176 personnes à bord, est une « erreur humaine », a rapporté samedi l’Aviation civile iranienne. Le mauvais réglage du système de radar militaire ainsi qu’une mauvaise communication au sein de la défense aérienne sont en cause.

Les circonstances du crash du Boeing 737 d’Ukraine International Airlines reliant Téhéran à Kiev on été éclaircies, samedi 11 juillet, par l’Aviation civile iranienne. Dans la nuit du 8 janvier, les défenses aériennes de l‘Iran étaient en état d’alerte maximale par crainte d’une attaque américaine. La république islamique venait d’attaquer une base utilisée par l’armée américaine en Irak en riposte à l’élimination, dans une frappe américaine à Bagdad, du général Qassem Soleimani, artisan de la stratégie régionale de l’Iran, et s’attendait à une réplique de Washington.

C’est dans ce contexte que les Gardiens de la révolution iraniens ont abattu l’avion en lançant deux missiles sol-air peu après le décollage de l’appareil de l’aéroport de Téhéran. Les 176 personnes à bord, majoritairement des Iraniens et des Canadiens, mais aussi 11 Ukrainiens (dont les neuf membres d’équipage) ont péri. Les autorités iraniennes avaient alors reconnu une « erreur désastreuse ».

« Une erreur d’alignement du système radar a provoqué une erreur humaine. Un opérateur a oublié de réajuster le système après un déplacement vers une nouvelle position, une erreur qui a contribué à une lecture erronée des données du radar », peut-on lire dans un rapport publié samedi 11 juillet au soir sur le site internet de l’Aviation civile (CAO).

« Chaîne dangereuse »

Cette faute initiale « est à l’origine d’une chaîne dangereuse (d’événements) qui bien sûr aurait pu être maîtrisée si d’autres mesures avaient été prises », écrit la CAO. Mais selon son document, présenté comme un « rapport sur les faits » et non comme le rapport final de l’enquête, d’autres erreurs ont eu lieu dans les minutes qui ont suivi.

L’Aviation civile relève ainsi un défaut dans la transmission des données sur la cible repérées par le radar au centre de coordination des unités de défense. Un général iranien avait déclaré en janvier que nombre de communications avaient été brouillées cette nuit-là. La CAO note qu’en dépit des informations erronées dont il disposait sur la trajectoire de l’aéronef, l’opérateur du système radar aurait pu identifier sa cible comme étant un avion de ligne, mais au contraire, il s’est trompé dans l’analyse et il y a eu « mauvaise identification ».

Le rapport note également que le premier des deux missiles tirés sur l’avion a été mis à feu par l’opérateur d’une batterie de défense « sans que celui-ci eut reçu de réponse du centre de coordination » dont il dépendait. Le deuxième missile a été tiré trente secondes plus tard en tenant compte « de la continuité de la trajectoire de la cible détectée », ajoute le rapport.

Assistance technique du BEA français 

Fin juin, le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) français a indiqué que l’Iran lui avait officiellement demandé son assistance technique pour réparer et télécharger les données des boîtes noires. Les travaux sur les boîtes noires devraient débuter le 20 juillet, selon le BEA.

Début juillet, le Canada a annoncé avoir obtenu de l’Iran un accord de principe en vue de lancer des négociations sur l’indemnisation des familles des victimes étrangères. Selon Ottawa, le « groupe de coordination » des pays, dont des ressortissants sont morts dans le crash (Canada, Royaume-Uni, Ukraine, Suède et Afghanistan), a signé un « protocole d’entente » ouvrant formellement la voie à des négociations avec Téhéran.

Avec AFP et Reuters 

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