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Coronavirus: en Amérique latine, alerte au dioxyde de chlore, faux remède miracle

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En l’absence de vaccin ou de traitements médicaux contre le coronavirus, les offres de remèdes miracle prolifèrent en Amérique Latine, notamment sur les réseaux sociaux. C’est notamment le cas du dioxyde de chlore, une substance potentiellement toxique pour la santé, déjà interdite dans plusieurs pays de la région.

Le dioxyde de chlore a déjà été interdit au Mexique et en Bolivie dont le gouvernement a dénoncé fin juin ses effets nocifs pour la santé, rapporte notre correspondant à Quito, Eric Samson. L’agence de presse espagnole EFE a saisi une photo de personnes faisant la queue pour se procurer ce produit en Bolivie avec cette légende : « dans la file d’attente de nombreux policiers et militaires qui ont perdu des compagnons morts du Covid-19 ».

Article de RPP Noticias du 10 juillet 2020.
Article de RPP Noticias du 10 juillet 2020. https://rpp.pe

Au Pérou, les autorités ont ordonné au laboratoire local Mediline ainsi qu’à la plateforme numérique Mercado libre Perù (Marché libre Pérou) de retirer le produit du marché. L’Institut national de propriété intellectuelle a précisé que le dioxyde de chlore n’a pas d’autorisation sanitaire.

Le lobby des pro-dioxyde de chlore à l’oeuvre à Quito

Pourtant ses partisans continuent d’en promouvoir l’usage, notamment en Equateur, comme le regrette Tania Orbe, journaliste scientifque qui coordonne un projet de lutte contre la désinformation en époque de pandémie. « Il y a quelques jours, une délégation favorable à l’usage de dioxyde de chlore a été recue à l’assemblée nationale à Quito. C’est totalement anormal car tant qu’il n’y a pas d’études scientifiques solides, les journalistes, les politiques et les citoyens en général ne peuvent pas se faire l’écho d’un produit dont il n’est pas prouvé qu’il peut soigner la Covid-19 chez les personnes

La commission de fiscalisation et contrôle politique de l’Assemblée Nationale équatorienne a même accepté d’écouter Andreas Kalcker, biophysicien allemand à l’origine de la polémique formule qui a regretté que ses vidéos soient régulièrement éliminées de plateformes comme Facebook. La communauté scientifique équatorienne s’est montrée inquiète des actions de prosélytisme en faveur de cet agent oxydant, utilisé comme désinfectant.

Le dioxyde de chlore, un dérivé de la Javel

« C’est un produit dont la causticité est évidemment très dépendante de sa concentration. Mais à concentration suffisante et/ou quand on en prend des quantités importantes, cela peut entraîner des brûlures de la peau, mais également des irritations des yeux, quand c’est manipulé avec des doigts qui seraient imprégnés par cette eau de Javel, explique à Laura Martel du service Sciences, le professeur Olivier Bouchaud, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Avicenne de Bobigny. Et quand on l’ingère, cela peut entraîner des brûlures internes au niveau de la bouche et surtout au niveau de l’œsophage. Et au niveau de l’œsophage, cela peut entrainer des brûlures extrêmement graves.

Le dioxyde de chlore est en partie absorbé, se retrouve dans le sang et devrait pouvoir entraîner des effets délétères sur différents organes, notamment au niveau hépatique et au niveau rénal ».

Un produit en outre d’aucune utilité contre le coronavirus, conclut le professeur Olivier Bouchaud. « L’efficacité, si on absorbe ce produit, par rapport au virus est nul, puisque le virus on le trouve au niveau des fosses nasales, la gorge, et ensuite au niveau du poumon. Mais il ne se trouve pas dans l’œsophage ni dans l’estomac. Et compte tenu du risque et des conséquences que cela peut entraîner, il ne faut en aucun cas ingérer ce type de produit, en aucun cas se faire des ablutions ou des lavages sur la peau. L’eau de Javel, c’est simple, on l’utilise si possible en se protégeant les mains et on l’utilise pour nettoyer les surfaces, mais en aucun cas ce n’est un produit d’usage médical et donc ce n’est pas un médicament à utiliser pour prévenir ou pour traiter le Covid ».

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