À la Une Coronavirus : éternuements, toussotements et malaises politiques en Afrique

Coronavirus : éternuements, toussotements et malaises politiques en Afrique

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Limogeage d’autorités sanitaires, critiques sur la gestion de la pandémie, débat sur l‘évacuation de certains malades « VIP » … Le coronavirus affecte petit à petit les cercles politico-administratifs de l’Afrique. Quelques exemples.

Zimbabwe : 20 millions de dollars pour des kits de test

Si le coronavirus emporte de nombreuses vies et impactent fort négativement tous les secteurs d’activités dont l‘économie qui est le domaine le plus vital, pour d’autres le virus est une mine d’or. C’est du moins que des observateurs les plus virulents pourraient penser du Zimbabwéen Obadiah Moyo.

Lui qui vient d‘être révoqué de ses fonctions de ministre de la Santé pour « conduite inappropriée pour un ministre », selon les propos du secrétaire général de la présidence, Misheck Sibanda.

Il est, en effet, reproché à ce néphrologue de 66 ans d’avoir octroyé « illégalement » un contrat de 20 millions de dollars pour la fourniture des kits de test du coronavirus à Drax Consult SAGL, une société basée à Dubaï créée il y a quelques mois.

C’est donc l’un des premiers, sinon, le premier cas africain de corruption en lien avec le coronavirus.

Madagascar : Rajoelina dans le collimateur de la société civile

Or, la corruption fait partie intégrante de la gestion. Sur ce point, c’est Madagascar qui attire tous les regards les plus curieux et les indiscrets. Non pas parce que le pays est le berceau du covid-organics, cette tisane censée soigner la covid-19, plutôt à cause de la flambée des contaminations.

Depuis l’apparition de premiers cas le 20 mars dernier, le virus a déjà touché 3 472 personnes dont 1187 guéries et tué 33 Malgaches. Soit un taux de guérison de 34,18 %, loin derrière Maurice avec 96,49 % et un taux de létalité de 0,95 % loin devant Maurice avec 2,92 %. Une situation qui a conduit les autorités à reconfiner de la capitale Antananarivo.

Malheureusement, ça cloche toujours dans la Grande Île. Insuffisance ou manque » de kits de protection du personnel soignant, incapacité des hôpitaux à isoler les patients suspects, absence de mesures d’accompagnement pour atténuer les effets du confinement,… La société civile pointe du doigt la manière dont la pandémie est gérée.

Et le premier sur la sellette, c’est bien le président Andry Rajoelina qui a récemment dépensé toute son énergie physique et intellectuelle pour montrer à la face du monde l’efficacité curative et préventive du covid-organics.

Au pays des lémuriens, l’heure est donc à l’attente de la correction de la politique de gestion du coronavirus. Difficile alors d’imaginer la nature d‘éventuelles conséquences politico-sociales de cet état de choses, même si Rajoelina doit son premier règne présidentiel (2009-2014) à une grève générale qui a dégénéré en émeutes et pillage avant la destitution de Marc Ravalomanana, accusé de corruption.

Congo : Sassou-Nguesso face au cas Mokoko

Et si le nouveau coronavirus touche tout le monde sans distinction aucune de statut politico-économique ou sociopolitique, il y a la gestion des cas « VIP » ou encore ceux-là que les anglophones appelleraient les « High Value Patients » (HVP) ou très litteralement, patients de haute valeur.

Comment alors traiter ces HVP dans une Afrique qui, surtout dans une bonne partie du Sud du Sahara est un véritable désert infrastructurel ? Là, est le véritable problème.

C’est le cas au Congo-Brazzaville où la société civile est en train de remuer ciel et terre pour obtenir l‘évacuation à l‘étranger du général Jean Marie Michel Mokoko. Ces proches et ses avocats doutent en effet de la qualité de l‘équipement technique des structures du pays, notamment la clinique Albert Leyono de la capitale devenue célèbre suite à la mort en fin mai dernier d’une parturiente présentée comme cas covid-19, alors que le test post-mortem s‘était révélé négatif.

En mai dernier des ONG dont Amnesty International avaient appelé des gouvernements africains à « protéger les détenus exposés au Covid-19, désengorger les prisons et libérer les prisonniers d’opinion ».

Mais au Congo, Mokoko et Okombi-Salissa, « ces deux figures de l’opposition ne sont pas en prison parce que ce sont des personnalités politiques, mais parce qu’elles ont commis des délits de droit commun. Il n’y a pas de raison qu’elles soient libérées pour désengorger les maisons d’arrêt », avait répondu à RFI et France 24, le chef de l‘État congolais Denis Sassou-Nguesso.

Quitte à donner aujourd’hui du grain à moudre aux détracteurs du régime de Denis Sassou-Nguesso. « Le président congolais est aujourd’hui seul responsable devant sa conscience : ou il accorde l’évacuation ou évidemment, il assumera les conséquences de sa décision, puisqu’il est seul à décider de cette situation », a indiqué Joe Washington Ebina, activiste de la société civile au sortir d’une conférence de presse animée lundi dernier à Brazzaville.

Ces cas, dont la liste est loin d‘être exhaustive, montrent jusqu‘à quel point l’Afrique bien que moins impactée sur le plan sanitaire, commence déjà à éternuer, voire tousser… Sur le plan politique.

Aux prophètes, s’il y en a, de prédire l’issue et la gravité d‘éventuelles crises politiques qui pourraient découler de la covid-19 en Afrique.

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