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Coronavirus : à quoi ressemblerait un reconfinement « ciblé » en France ?

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Selon le Premier ministre Jean Castex, en cas de deuxième vague, la France privilégierait le reconfinement ciblé. Une méthode déjà appliquée par d’autres pays.

De l’Australie à l’Allemagne en passant par l’Espagne, le reconfinement à l’échelle du territoire est la méthode utilisée face à une flambée des contaminations au Covid-19. En France, la même méthode est privilégiée. Jean Castex, qui était chargé de mettre en place le déconfinement, et désormais Premier ministre a reconnu sur BFMTV, qu’”un plan de reconfinement est prêt”.

Avant de préciser les contours de ce plan de reconfinement. “On ne va pas faire un éventuel reconfinement comme on a fait celui de mars. » Il a alors précisé : « Déjà parce qu’on a appris, ensuite parce qu’un reconfinement absolu aurait des conséquences terribles, donc on va cibler. »

Reconfinement ciblé pour “préserver la vie économique et sociale”

S’il faut reconfiner en cas de deuxième vague, le Premier ministre entend “préserver la vie économique et sociale”, arguant du fait que le pays ne « supporterait pas » un second coup d’arrêt national, a-t-il expliqué, alors que le PIB a reculé de 17% au deuxième trimestre, et devrait se rétracter de 9% sur l’ensemble de l’année.

La majorité des pays qui font face à une hausse de cas ou à une deuxième vague, ont décidé de ne pas reconfiner le pays entier, mais uniquement les zones touchées. C’est par exemple le cas de l’Espagne.

En Espagne, une mise sous cloche plutôt qu’un reconfinement

Depuis le 4 juillet, les 210 000 habitants de la région de Lleida, en Catalogne, sont de nouveau soumis à des restrictions. Plus qu’un reconfinement, il s’agit surtout d’une mise sous cloche de la zone. Personne ne peut ni entrer ni sortir de la zone, sauf pour des raisons professionnelles. Des amendes de 100 à 600 euros sont prévues pour dissuader les sorties ou entrées du territoire.

À l’intérieur de la zone, les conditions sont bien loin de celles du confinement. Bars et restaurants sont toujours ouverts, la circulation n’est pas restreinte et les regroupements de moins de dix personnes restent autorisés. Objectif avoué des autorités locales : limiter la mobilité dans le secteur et « abaisser la vie sociale » tout en préservant l’économie. Il n’est pas nécessaire “de tout arrêter et de stopper l’activité économique », justifient les autorités selon des propos rapportés par le quotidien catalan L’Indépendant. Un argumentaire proche de celui de Jean Castex.

Le masque obligatoire en Catalogne

Dans cette zone confinée, les mesures de distanciation sociale sont renforcées et le port du masque rendu obligatoire dans l’espace public. Des mesures qui pourraient être prolongées de 15 jours. Le port du masque est désormais obligatoire dans toute la région, y compris dans la rue ou à la plage, rapporte El Periodico. Une amende de 100 euros est prévue pour les contrevenants dès jeudi.

Même scénario en Galice, deuxième zone d’Espagne où de nouvelles mesures ont été prises le 5 juillet, pour une semaine. Une zone regroupant environ 70 000 personnes est de nouveau confinée depuis le 5 juillet. Plus qu’un confinement, c’est également une mise sous cloche pour ces 14 localités du comté d’A Marina, isolées du reste du pays. Les entrées et sorties du territoire sont interdites, sauf pour les travailleurs.

Des restaurants toujours ouverts

Mais pour les 70 000 habitants, la vie ne s’est pas arrêtée comme pendant le confinement. S’ils n’ont pas le droit de se réunir à de plus de 10 personnes, comme durant le confinement, restaurants et bars restent ouverts, avec des capacités d’accueil réduites de moitié.

Selon le responsable des services de santé régionaux, Jesus Vazquez Almuina, les contaminations les plus importantes sont survenues dans les bars. À l’extérieur, y compris sur les plages, le port du masque est rendu obligatoire. Le confinement doit durer jusqu’au 10 juillet, date à laquelle un nouveau point sanitaire doit être fait. La Galice compte 258 cas de contaminations dont 117 dans la région de Lugo.

À Lisbonne, des mesures souples ne suffisent pas

Autre pays à avoir opté pour le reconfinement localisé, le Portugal, et la région de Lisbonne. Le 10 juin, la zone est placée en état de “contingence” avec des mesures loin de celles d’un confinement général : fermeture des cafés et commerces dès 20 heures, abaissement des rassemblements autorisés de 20 à 10 personnes, et quartiers sous cloche.

Mais dans certains quartiers plus touchés par la flambée des cas, le 1er juillet, un confinement plus strict est prononcé. Déclarés en “état de calamité”, avec appel au cantonnement à domicile et limitation des réunions à cinq personnes maximum. 700 000 habitants d’une vingtaine de quartiers de la capitale sont concernés. Le reste du pays reste déconfiné avec pour principale mesure le port obligatoire du masque dans les lieux fermés et les transports en commun.

En Allemagne, deux cantons sous cloche

Autre cas, méthode semblable. L’Allemagne a reconfiné, en juin, plus de 600 000 personnes, réparties dans deux cantons. Un “reconfinement” bien loin des restrictions qu’a connu le pays au plus fort de la pandémie, avec la fermeture de la plupart des commerces non indispensables.

Pour ce reconfinement, bars, musées et cinémas ont fermé, mais les restaurants ont pu continuer leur activité, à condition de n’accueillir des client que du même foyer. Comme durant le confinement général du pays, les personnes ne sont pas contraintes de rester à leur domicile, mais peuvent se déplacer à condition de rester dans le canton. Les restrictions ont depuis été levées dans ces deux cantons.

Un strict reconfinement à Leicester

Le Royaume-Uni a aussi opté pour le reconfinement localisé. La ville de Leicester, qui a vu une nouvelle flambée des cas, est de nouveau soumis à un confinement. Contrairement à ce qui a été mis en place en Espagne, au Portugal et en Allemagne, il s’agit là d’un confinement au sens strict.

Commerces non essentiels et écoles ont fermé, les habitants sont invités à rester chez eux “autant que possible”. En annonçant la levée progressive du confinement, le gouvernement avait prévenu qu’il pourrait mettre en place des restrictions au niveau local, en fonction de la situation, pour contenir une nouvelle vague incontrôlée de contaminations.

À Melbourne, la mise sous cloche de quartiers ne suffit pas

L’Australie a également localisé son reconfinement, en mettant d’abord sous cloche des quartiers. Le 1er juillet, 300 000 habitants sur les 5 millions que comptent Melbourne sont ciblés par des restrictions : ils ne sont autorisés à sortir de chez eux uniquement pour aller travailler ou à l’école, faire des exercices physiques ou acheter de la nourriture et des produits de première nécessité. Les quartiers sont surveillés par la police : personne ne peut y entrer ou en sortir.

Mais la mesure semble inefficace, et la hausse des cas concerne l’ensemble de la ville. 191 nouveaux cas sont recensés en 24 heures. Le 7 juillet, Melbourne est totalement reconfinée, pour six semaines. 3 000 résidents de plusieurs immeubles d’habitation ont même reçu l’ordre de rester enfermés chez eux pour au moins cinq jours, après l’apparition d’un foyer épidémique dans une tour. C’est la mesure est la plus stricte jamais entrée en vigueur en Australie depuis le début de la pandémie.

L’État de Victoria, dans lequel se trouve Melbourne, est également placé sous cloche. Des policiers et des militaires surveillent des dizaines de points de passage avec les autres États alors que des drones et des avions ont été déployés. Si Melbourne connaît une flambée des cas, les autres États australiens poursuivent leur assouplissement des mesures, entamé mi-mai.

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