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Banque mondiale : que penser des progrès du Bénin et du recul de l’Algérie ?

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L’institution internationale a actualisé son classement des pays « pauvres », « à revenu intermédiaire » ou « riches ». Décryptage.

Comme chaque 1er juillet, la Banque mondiale a actualisé sa classification des économies du monde pour les ranger en quatre catégories :  « pays pauvres », « pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure », « pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure », « pays riches ».

Une analyse purement statistique qui dépend du revenu national par habitant en dollars courants, le seuil de chacune des catégories étant revu chaque année en fonction de l’inflation. Ainsi, s’il fallait dépasser 1 026 dollars par tête pour sortir de la catégorie des pays pauvres et 3 995 dollars pour passer de la tranche inférieure à la tranche supérieure des pays intermédiaires en 2019, ces seuils ont été relevés à respectivement 1 036 et 4 045 dollars en 2020. Pour être considéré comme « riche », enfin, un pays doit afficher un revenu par tête de plus de 12 535 dollars en 2020 (contre 12 375 dollars en 2019).

Parmi les 29 pays classés comme « pauvres », 23 sont africains : le Burkina Faso, la RDC ou encore le Mali y côtoient ainsi Haïti, la Corée du Nord, la Syrie ou le Yémen.

Mise à jour de la comptabilité béninoise

Le Bénin, en revanche, a vu son revenu par habitant passer de 870 à 1 250 dollars, lui permettant de grimper d’un échelon et de rejoindre le Cameroun, la Côte d’Ivoire ou le Maroc dans la catégorie des « pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure ».

Un changement qui provient en fait en grande partie d’une mise à jour méthodologique au niveau de l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique. Le pays a entrepris en juillet 2019 la mise à jour de ses comptes nationaux sur deux points. Son système de calcul, d’abord, qui datait de 1993, a été revu pour appliquer la méthodologie élaborée en 2008 par les Nations unies. En outre, l’année 2015 a été retenue comme nouvelle base des comptes nationaux, en lieu et place de l’année 2007, ce qui permet d’inclure de nouvelles enquêtes et études, et d’avoir ainsi une vision plus précise de l’économie du pays.

Conséquence de ces modifications, le PIB du Bénin pour l’année de base (2015) a été réévalué de 36,7 %. Ce qui « améliore le classement du Bénin sur les critères de convergence de l’Uemoa concernant le déficit budgétaire fixé à 3 % mais dégrade ses performances selon l’indicateur sur la pression fiscale », relève l’institut, qui dépend du ministère du Plan et du Développement.

Ce changement n’est pas sans rappeler la trajectoire suivie l’année dernière par le Sénégal, qui était passé de 950 à 1 410 dollars par habitant entre 2018 et 2019, franchissant lui aussi la frontière des pays « à revenu intermédiaire ». Là aussi, il s’agissait principalement d’une mise à jour des modes de calcul de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD).

Maurice dans la cour des grands

De son côté, l’Algérie fait elle aussi son entrée dans la catégorie « pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure ». Pour elle, il ne s’agit pas d’une progression mais d’un recul. En revanche, point de subtilité statistique. Le RNB par habitant du pays a bel et bien régressé, même si ce recul reste très mesuré : de 4 060 à 3 970 dollars, il n’en fallait pas plus descendre d’un cran dans le classement de la Banque mondiale.

Dans la classe des « pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure » ne restent donc plus que quatre africains, les deux pétroliers que sont la Guinée équatoriale et le Gabon, que la chute actuelle des cours de l’or noir risque de frapper durablement, ainsi que la Namibie et l’Afrique du Sud.

Enfin, Maurice enregistre une belle progression (de 12 050 à 12 740 dollars par habitant), qui lui permet de rejoindre les Seychelles, jusque-là dans seul membre africain du club des pays « riches ». Une bonne nouvelle pour la petite île de l’océan Indien ? Pas forcément, car si jusqu’à l’exercice 2019, ces classements n’étaient utilisés par la Banque mondiale qu’à titre analytique, les pays considérés comme « à revenu élevé » pendant deux années consécutives font désormais l’objet d’une majoration du taux d’intérêt pour les prêts qui leur sont consentis par l’institution.

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