“Il y a sur certains fruits et légumes frais une forte augmentation (des prix, ndlr). Ce que nous payons, c’est le prix de la qualité de la qualité française. » C’est ce que déclarait Bruno Le Maire le 8 avril dernier à la sortie d’un Conseil des ministres. Après avoir appelé à consommer du “made in France” pour aider notamment les agriculteurs, le ministre de l’Economie tentait de justifier les écarts de prix pointés du doigt par les consommateurs entre les produits français et les produits étrangers dans les rayons.

Comme le signale Le Parisien, cet écart se maintient près de deux mois après les déclarations de Bruno Le Maire. C’est ce que révèlent les prix moyens relevés par FranceAgriMer dans 148 drives (hors hard discount) entre le 1er et le 7 juin dernier. L’écart le plus important à signaler concerne celui entre les framboises françaises (18,04€ le kilo) et les framboises étrangères (15,76€). Les abricots (4,39€ le kilo contre 3,89), les melons charentais (3,20€ la pièce contre 2,82€) sont aussi bien plus chers quand il s’agit du “made in France”.

“Il faut faire attention”, a prévenu Michel-Edouard Leclerc

Même chose du côté des légumes pour les tomates cerises (6,50€ le kilo contre 4,30e) ou les aubergines (3,32€ contre 2,65€). Mais les produits étrangers sont plus chers quand il s’agit des oignons jaunes (2,96€ le kilo contre 1,95€ pour les oignons français), les courgettes (1,71€ contre 1,69€) ou les concombres (1,27€ contre 1,14€). Selon Le Parisien, les écarts de prix peuvent toutefois aller de 5 à 10% chez Monoprix, contre 15 à 20% chez Système U ou Franprix, entre un produit français et un autre en provenance de l’étranger.

Reste à voir si les consommateurs sont prêts à continuer à faire un effort sur la durée pour acheter français, ce dont doutait Michel-Edouard Leclerc devant les sénateurs au début du mois de juin. “Il faut faire attention : quand les prix des produits français sont trop élevés, on note une vraie colère, une vraie agressivité dans les rayons ou sur les réseaux sociaux, notamment chez les 25% de Français qui ont de vrais soucis budgétaires”, a glissé le patron du groupe E. Leclerc. Pour Dominique Schelcher, PDG de Système U interrogé par Le Parisien, il faudrait accroître les productions françaises ou tenter de réduire les coûts de production pour faire baisser les prix des fruits et légumes hexagonaux. Des pistes qui seraient actuellement creusées par les enseignes et les producteurs.