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Coronavirus : écoles, restauration, culture… Pourquoi certains secteurs souhaitent accélérer le déconfinement

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Alors que la troisième phase du déconfinement est prévue pour le 22 juin, les critiques se multiplient contre un retour à la normale jugé trop lent. Mais l’exécutif pourrait hâter le mouvement dans les prochains jours.

Le déconfinement est un art difficile. Alors que l’épidémie de coronavirus semble désormais sous contrôle, selon le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, la lenteur du retour à la normale est de plus en plus critiquée, notamment en région parisienne. Alors qu’Emmanuel Macron doit s’adresser aux Français dimanche 14 juin à 20 heures, à l’approche d’une nouvelle phase de déconfinement le 22 juin, passage en revue de ces secteurs qui aimeraient accélérer la cadence.

Education : seuls 1,8 million d’écoliers sur 6,7 sont retournés à l’école

Ce qui se passe. Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, avait indiqué que toutes les écoles devaient rouvrir au 2 juin, pour la deuxième phase du déconfinement. Mais le lourd protocole sanitaire mis en place limite le nombre d’enfants accueillis à 15 élèves par classe.

Conséquence, selon les derniers chiffres du ministère, à peine 1,8 million d’écoliers sur un total de 6,7 millions sont retournés à l’école. Et rarement à temps complet. Les enfants sont souvent accueillis par roulement, parfois une ou deux journées par semaine, souvent moins dans de grandes villes comme Paris. Le retour au collège est également compliqué, et la réouverture des lycées très parcellaire.

Ce qui est demandé. De plus en plus de voix réclament l’allègement rapide des normes sanitaires dans les structures accueillant les enfants. D’autant que, contrairement à une idée répandue au début de l’épidémie de Covid-19, ces derniers ne semblent pas être les principaux propagateurs du virus, selon les conclusions de chercheurs français.

Il faut retravailler le protocole sanitaire dans les écoles, afin qu’elles puissent accueillir plus d’élèves dans des conditions sanitaires optimales, que les parents aient des solutions pour leurs enfants.Anne Hidalgo, maire de Parisdans « Le Parisien »

D’autres élus franciliens de gauche ont écrit en ce sens au Premier ministre, en particulier dans le cadre de la lutte contre le décrochage scolaire.

Plus étonnant, la lourdeur des règles commence à être critiquée par ceux qui les avaient prônées au début. « Même en continuant à respecter des règles un peu lourdes, on pourrait les simplifier en périscolaire d’ici la fin juin : pendant les repas, les récréations ou le sport »suggère ainsi Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique, instance qui avait recommandé une réouverture des écoles… en septembre.

Il semble trop tard désormais pour changer les règles à l’école alors que les vacances scolaires débutent dans moins d’un mois. Mais cet assouplissement des normes sanitaires est guetté par tous ceux qui accueilleront des enfants cet été, des centres aérés aux colonies de vacances. Il s’agit notamment de savoir si les animations et les sports collectifs qui ne peuvent tenir compte de la distanciation physique pourront reprendre cet été.

Hôtellerie-restauration : jusqu’à 60% de capacité d’accueil perdue

Ce qui se passe. En région parisienne, classée zone orange, les cafés et restaurants n’ont eu le droit de rouvrir qu’en terrasse le 2 juin. Et en zone verte, l’obligation de créer un mètre de distance entre les tables continue à pénaliser cafetiers et restaurateurs. Aussi la troisième étape du déconfinement, le 22 juin, est-elle attendue avec impatience.

En effet, « aujourd’hui, affirme à l’AFP l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), principal syndicat patronal du secteur, les restaurants peuvent perdre jusqu’à 60% de leur capacité d’accueil en raison des règles de distanciation ». Or le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, qui compte 168 000 restaurants, 38 800 bars ou cafés et 6 000 établissements de nuit en France, a déjà été sévèrement mis à mal par deux mois et demi de fermeture dus à la crise sanitaire.

Ce qui est demandé. Le 8 juin, l’Umih a demandé que cafés, bars et restaurants situés en zones orange (Ile-de-France, Guyane, Mayotte) puissent « rouvrir rapidement ». « Limitée aux seules terrasses », leur exploitation n’est « pas rentable », estime-t-elle. Le syndicat patronal souhaite aussi qu’en zone verte (où les restaurants ont pu rouvrir les salles), « les règles de distanciation des tables » soient revues « pour permettre aux établissements d’utiliser toute leur capacité à recevoir du public ».

Un début d’écoute ? Le secrétaire d’Etat chargé du Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, a indiqué, mardi 9 juin, que les restaurants d’Ile-de-France pourraient rouvrir « un peu plus tôt que le 22 juin » si la situation sanitaire évoluait favorablement.

Spectacle : « 50% des entreprises du secteur » seraient en voie d’extinction

Ce qui se passe. Dans les zones vertes, les salles de spectacle et les théâtres ont pu rouvrir depuis le 2 juin. Et ce sera peut-être le cas le 22 juin en Ile-de-France. Quant aux cinémas, ils rouvriront le 22 juin dans tout l’Hexagone. Mais ces réouvertures s’accompagnent de conditions drastiques, qu’énumère Le Parisien« Salles de spectacle, de théâtre et de cinéma devront garantir le plus strict respect des règles sanitaires. Le port du masque sera obligatoire » et « les règles de distanciation physique devront y être respectées. »

Autre exemple, si la Fête de la musique est maintenue le 21 juin, ce sera dans une version allégée, sans concerts de rue spontanés. Et la plupart des festivals d’été en France ont été annulés, avec des conséquences désastreuses. « Plus de 50% des entreprises du secteur sont en voie d’extinction et la perte de chiffre d’affaires pour les entreprises du secteur (salles, festivals, producteurs de spectacles) est estimée à 1,8 milliard d’euros pour les entreprises adhérentes du Prodiss », s’alarmait fin mai cette organisation patronale (lien PDF), la plus importante du spectacle musical dans le privé.

Ce qui est demandé. Dans cet entretien à franceinfo, le comédien Philippe Torreton plaide, comme beaucoup dans la profession, pour l’allègement des normes sanitaires. Il pointe la tentation pour le gouvernement, visé par de multiples plaintes en justice, de se couvrir. « Ce n’est pas la même chose de dire à la profession des métiers de la culture : ‘Voilà, nous ouvrons en septembre tous les théâtres, quels qu’ils soient, et après on trouve les solutions à chaque problème qui se pose.’ Actuellement, le gouvernement fait la démarche inverse, c’est-à-dire ‘on envisage tout le spectre de danger, donc il y a la tentation de se couvrir pour éviter d’être tenu responsable d’un hypothétique danger’. »

Quand on agit comme ça, on ne liste finalement que des bonnes raisons de ne pas ouvrir. Et on en arrive à des listings de conditions qui rendent quasiment impossible le travail de répétition, impossible un montage de décors et impossible l’arrivée du public dans les salles.Philippe Torretonà franceinfo

Ces normes pourraient-elles être allégées plus vite ? La fin de l’état d’urgence sanitaire, le 10 juin, apportera peut-être une réponse à la question. A moins qu’Emmanuel Macron ne bouscule le calendrier lors de son allocution de dimanche. Selon Philippe de Villiers, c’est déjà le chef de l’Etat qui avait donné le feu vert à la réouverture du Puy-du-Fou, et plus largement des sites touristiques et parcs à thème en zone verte le 2 juin.

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