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Difficile de porter un masque pour les personnes atteintes de troubles neuropsychologiques

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Objet emblématique de la pandémie de Covid-19, le masque de protection faciale ne va pas sans poser quelques difficultés.

Passée la période de pénurie où il a été réservé aux personnels soignants et aux malades, le masque de protection faciale s’est rapidement fait une place parmi nos objets fonctionnels du quotidien. Il est désormais un sésame pour les transports en commun, les centres de soins ou encore les bureaux.

Mais il ne va pas sans poser un certain nombre de difficultés pour les personnes atteintes de troubles neuropsychologiques: stigmatisation et discrimination, restriction des libertés, sensations insupportables ou encore altération de la communication.

Ce constat pose question dans le cadre d’une société à vocation inclusive qui se trouve confrontée à une situation sanitaire inédite et extrême, nécessitant la participation de tout le monde.

Pour comprendre les problématiques qui se posent, il convient d’écouter autant les psychiatres et psychologues que les personnes vivant avec des troubles de différentes natures (anxiété, agoraphobie, troubles du spectre de l’autisme, etc.).

«Ils ont vécu l’arrivée des masques avec soulagement»

Dès le début de la crise, les pensionnaires des services de psychiatrie ont été stigmatisé·es et laissé·es de côté: «La principale difficulté que nous avons eue a été, dans un contexte de pénurie, l’accès aux masques pour les patients. On a pu entendre un discours discriminant sur l’incapacité supposée des patients à manipuler le masque. On avait alors un risque de restreindre leurs libertés avec des confinements en chambre pour les protéger», raconte la Dr. Aïda Cancel, psychiatre et chercheuse en neurosciences.

Même s’il peut y avoir chez certain·es patient·es des difficultés liées à la mémorisation des mesures barrières et au bon usage du masque, «il n’y a pas de fatalité, remarque Arnaud Carré, psychologue clinicien spécialisé en neuropsychologie et approches comportementales et cognitives. L’apprentissage et la coéducation permettent de résoudre le problème, même si c’est un peu plus long qu’avec les simples affiches éditées par le gouvernement.»

Dès lors qu’elles ont des masques, les personnes hospitalisées se montrent volontaires et satisfaites de pouvoir les porter: «Depuis deux semaines, nous avons mis à disposition des patients de la clinique des masques et je pense quils le portent mieux que la majorité des gens. À part quelques patients avec des troubles cognitifs majeurs comme des démences, la plupart sont contents de pouvoir se protéger. Ils ont vécu larrivée des masques avec soulagement et reconnaissance», relate la Dr. Cancel.

«Au niveau de la reconnaissance des émotions, c’est une difficulté»

Porté par les autres, le masque peut représenter une entrave à la communication pour celles et ceux qui rencontrent des difficultés à lire les émotions d’autrui sur le visage: «Que ce soient les patients avec TSA [troubles du spectre de l’autisme, ndlr], troubles schizophréniques et dans une moindre mesure troubles bipolaires, on sait quil y a déficit de reconnaissance des émotions faciales. Il y a deux hypothèses dans le contexte du port du masque: soit ils ne se basent pas autant que les sujets non malades sur les expressions faciales et à ce moment-là le masque ne change pas grand-chose. Soit, au contraire, cela fait encore un indice de moins chez des personnes qui ont du mal à attribuer des émotions aux autres», explique la Dr. Cancel.

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