SANTÉ Coronavirus et hydroxychloroquine : Que savons-nous ?

Coronavirus et hydroxychloroquine : Que savons-nous ?

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Les médicaments normalement utilisés pour traiter le paludisme, l’hydroxychloroquine et la chloroquine, ont été présentés comme des traitements potentiels contre le coronavirus.

Ces traitements ont été promus et utilisés par certains dirigeants mondiaux, mais des inquiétudes ont été soulevées quant à leur sécurité et leur efficacité.

Nous avons examiné ce que nous savons jusqu’à présent sur ces médicaments.

Pourquoi ces médicaments ont-ils pris de l’importance ?

Le président américain Donald Trump a révélé en mai qu’il prenait de l’hydroxychloroquine comme mesure préventive contre le Covid-19, mais il a ensuite déclaré qu’il avait arrêté.

M. Trump a fait référence à plusieurs reprises à son potentiel. Lors d’une conférence de presse en avril, il a déclaré : « Qu’avez-vous à perdre ? Prenez-le ».

Le président Bukele du Salvador a déclaré que lui et « d’autres dirigeants mondiaux » le prenaient également.

Et le président brésilien Jair Bolsonaro a affirmé dans une vidéo que « l’hydroxychloroquine est efficace partout ». Mais cette vidéo a été retirée par Facebook pour avoir enfreint ses directives en matière de désinformation.

Suite aux commentaires de M. Trump, une forte augmentation des prescriptions aux États-Unis a été signalée, tant pour l’hydroxychloroquine que pour le médicament associé, la chloroquine.

La demande a également augmenté dans le monde entier.

Quelles sont les préoccupations en matière de sécurité ?

La communauté scientifique s’inquiète de l’utilisation de ces médicaments pour traiter le coronavirus.

L’hydroxychloroquine est sans danger pour le traitement de la malaria et des maladies comme le lupus ou l’arthrite, mais jusqu’à présent, aucun essai clinique n’a recommandé son utilisation contre le Covid-19.

Le président TrumpCopyright de l’imageREUTERS
Image captionLe président Trump a pris l’hydroxychloroquine, médicament contre le paludisme, comme mesure préventive contre le Covid-19

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a temporairement interrompu plusieurs études dans le monde en raison de craintes liées à la sécurité. Elle avait auparavant mis en garde contre les dangers de l’automédication avec ce médicament.

L’annonce de l’OMS est intervenue après que certaines recherches aient suggéré que l’hydroxychloroquine pourrait augmenter le risque de décès des patients atteints du Covid-19.

Le journal médical Lancet a examiné les données médicales de milliers de patients atteints de coronavirus et a découvert que la prise de ces médicaments ne présentait aucun avantage – et qu’ils pouvaient même augmenter le risque de problèmes cardiaques.

Mais ces recherches ont été critiquées par un groupe de plus de 120 scientifiques, qui ont soulevé des questions sur la façon dont elles ont été menées.

Y a-t-il des preuves qu’ils sont efficaces contre le Covid-19 ?

Il existe des essais dans différents pays sur l’utilisation de ces médicaments pour prévenir la maladie, parfois avec des travailleurs de première ligne qui les prennent comme prophylactiques.

Un essai a été lancé en Europe, en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. Il consiste à tester 40 000 personnes avec de l’hydroxychloroquine, de la chloroquine ou un placebo pour voir si ce médicament est efficace pour prévenir le virus.

D’autres études examinent si elle peut aider les patients qui ont déjà le Covid-19.

Aux États-Unis, divers essais sont en cours pour une combinaison de médicaments comprenant la chloroquine, l’hydroxychloroquine et un antibiotique appelé azithromycine, pour traiter les patients atteints de Covid-19.

Le Nigeria a déclaré qu’il poursuivra les essais cliniques qu’il a prévus.

L’agence d’approbation des médicaments du pays a déclaré qu’elle ne contestait pas les avertissements de sécurité de l’OMS, mais qu’elle voulait générer des données à partir de tests sur la population locale.

Le Maroc, l’Algérie et le Sénégal ont également décidé de poursuivre les essais, bien que le Kenya déclare qu’il suspendra les études prévues.

Jusqu’à présent, les preuves de ces recherches sont insuffisantes pour tirer des conclusions fermes quant à leur efficacité, que ce soit en matière de prévention ou de traitement.

Il existe également des risques d’effets secondaires graves, notamment des lésions rénales et hépatiques.

« Nous avons besoin d’essais cliniques randomisés de grande envergure et de haute qualité afin de mieux évaluer leur efficacité », déclare Kome Gbinigie, de l’université d’Oxford, auteur d’un rapport sur les tests antipaludiques pour le Covid-19.

Y a-t-il des pays qui utilisent ces médicaments ?

Fin mars, la Food and Drugs Administration (FDA) américaine a accordé une autorisation d' »utilisation d’urgence » de ces médicaments dans le traitement du Covid-19 pour un nombre limité de cas hospitalisés.

Cela signifie que dans des circonstances spécifiques seulement, les hôpitaux peuvent demander et utiliser les médicaments pour le traitement du Covid-19.

Mais le 24 avril, la FDA a émis un avertissement sur les dangers de l’utilisation de ces substances en raison de rapports faisant état de problèmes de rythme cardiaque chez les patients.

Une femme scientifique dans un laboratoire de test de coronavirusCopyright de l’imageREUTERS
Image captionDes scientifiques américains ont commencé un essai pour voir si la chloroquine aidera à traiter les coronavirus

D’autres pays déploient également ces médicaments antipaludéens dans divers contextes.

Le Brésil a assoupli ses restrictions sur ces médicaments pour permettre aux médecins de les prescrire aux patients présentant des symptômes légers de coronavirus, et pas seulement à ceux qui sont dans un état grave à l’hôpital.

Et le gouvernement américain a envoyé deux millions de doses au Brésil pour les travailleurs de première ligne et ceux qui reçoivent un traitement dans les hôpitaux.

Le gouvernement indien a étendu l’utilisation de ce médicament à titre préventif – mais uniquement sous contrôle médical – pour les travailleurs de la santé dans des environnements sans coronavirus, et pour la police travaillant dans des zones où le taux de Covid-19 est élevé.

La France, qui avait autorisé les hôpitaux à les prescrire pour les patients atteints de Covid-19, a ensuite annulé la décision après que le Haut Conseil de la santé publique eut mis en garde contre les effets secondaires.

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