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Coronavirus : la sclérose en plaques n’est pas un facteur de risque

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Le fait d’être atteint d’une sclérose en plaques ne semble pas être un facteur aggravant du Covid-19, ni de rendre les patients plus sensibles à ce virus. Ce sont les conclusions de plusieurs organismes spécialisés dans cette maladie auto-immune à laquelle une journée mondiale est consacrée ce 30 mai.

« Outre la maladie elle-même, le fait de prendre un traitement immunosuppresseur contre la sclérose en plaques (SEP) ne semble pas non plus associé au risque de formes graves de Covid-19« , a expliqué à l’AFP le neurologue Jean Pelletier de la Fondation Arsep (Aide à la recherche sur la sclérose en plaques). Ces premières conclusions proviennent d’une étude menée sur environ 360 patients français atteints de la SEP et ayant contracté le Covid-19.

Ne surtout pas interrompre les traitements

Le Professeur Domique Dive, chef de clinique et neurologue au CHU de Liège, rassure lui aussi : « Ni la maladie en elle-même, ni la majorité des traitements de la sclérose en plaques ne sont des facteurs de risque particuliers à contracter le coronavirus ou à avoir des expressions particulièrement sévères de la maladie. Fort heureusement, il n’y a pas eu de catastrophe en relation avec cette infection qui, quand elle concerne des patients qui ont la sclérose en plaques, a donné des manifestations très proches de celles qui concernent la population globale« .

Dès le début de l’épidémie de Covid-19, les spécialistes du domaine en Belgique appellent d’ailleurs les patients à ne surtout pas arrêter leur traitement parce que « le risque d’expression récidivante de la maladie est trop important« , précise le Professeur Dive. Une maladie auto-immune dont les conséquences peuvent être sévères si elle n’est pas traitée rapidement.

La sclérose en plaques est en effet une maladie où l’immunité se retourne contre nos propres tissus, en l’occurrence elle s’attaque au système nerveux central, c’est-à-dire au cerveau et/ou à la moelle épinière. Si elle n’est pas traitée, elle est potentiellement sévère et amène à l’apparition d’un handicap dans les 10 à 20 ans qui suivent le premier diagnostic.

Évolution encourageante de l’arsenal thérapeutique

Mais heureusement, ces dernières années, les mécanismes de cette maladie sont beaucoup mieux connus et des médicaments relativement efficaces sont apparus. « Ce qui s’est également totalement modifié, c’est la manière dont on se sert de ces médicaments, explique le Professeur Dive. De nombreuses études internationales ont montré que lorsque le diagnostic est fait de manière précoce et qu’un traitement précoce est instauré, avec un suivi assez strict, on arrive à stabiliser cette maladie et permettre à une proportion bien plus importante de patients de rester tout à fait bien pendant de nombreuses années« .

La forme la plus courante de la maladie s’exprime chez les patients entre 20 et 40 ans, souvent des femmes, parfois plus jeunes que 20 ans. Les premiers symptômes sont souvent un trouble visuel pendant quelques jours, des manifestations sensitives ou un petit déficit moteur qui mènera à une consultation neurologique ou une simple IRM permet souvent d’avancer dans le diagnostic de la sclérose en plaques.

Moins de déficit moteur, mais des symptômes invisibles

La journée mondiale permet de rappeler que plus de 2 millions de personnes à travers le monde sont atteintes par cette maladie auto-immune. Ils sont près de 15.000 en Belgique.

Pour le professeur Dive, il faut casser cette image selon laquelle « Sclérose en plaques = chaise roulante après 15 ou 20 ans« , parce que grâce aux évolutions de ces dernières années, le déficit moteur est beaucoup moins fréquent. Mais cela ne veut pas dire que les patients n’ont pas de symptômes comme de la fatigue ou des difficultés de gestion de l’information cognitive. « La sclérose en plaques est une maladie relativement fréquente qui peut concerner un collègue, une personne de la famille ou un voisin. Il faut réfléchir au fait que cette personne a peut-être besoin d’aménagement du temps de travail, de facilités en relation avec des manifestations qui se voient peu, c’est ce qu’on appelle les symptômes invisibles de la maladie et qui parfois ont des conséquences importantes dans le vécu des patients« , insiste le neurologue.

Connectivité

Le thème de la journée mondiale 2020 de la sclérose en plaques est la connectivité, ou l’importance notamment pour les patients d’être connectés les uns aux autres pour échanger leurs expériences. Un groupe Facebook dédié aux jeunes belges atteints par la maladie leur permet ainsi de rester connectés. Et pour toutes les informations validées sur cette maladie chez nous, rendez-vous sur le site internet de la ligue belge de la sclérose en plaques.

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