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Transport, sécurité, cérémonies familiales : Ces mesures à maintenir au Sénégal, même après le Covid-19

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Après deux mois de retraite stratégique, les Etats commencent à sortir progressivement de leurs cachettes selon des plans de dé-confinement bien définis. La riposte annoncée à travers la planète aura eu des résultats mitigés vu le nombre de morts qui fait perdre la tramontane. Malgré tout, le mot d’ordre aujourd’hui est de faire face autrement à ce virus qui aura particulièrement frappé les pays du monde, tous les secteurs confondus. Pendant qu’ailleurs, on cherche à apprendre à vivre avec le virus, non  sans risques,  le curseur doit être placé, chez nous, sur quel type de société que nous voulons avoir pour l’après-covid 19. Il urge- et l’occasion nous est donnée- d’établir des règles nouvelles, bâtir un nouvel ordre social pour enfin espérer l’avènement d’un Sénégal émergent principalement  adossé  sur la discipline et la  sécurité.

Il est grand temps que le Sénégal brise les goulots d’étranglement sociaux qui continuent de le maintenir dans une période dépassée. Notre pays qui se veut émergent, conformément aux orientations ambitieuses du PSE, est interpelé à tous les niveaux au sortir de cette crise. Outre la priorité des investissements qui doit être réétudiée et réorientée vers les secteurs essentiels que sont l’éducation et la santé, il faut à tout prix que s’opère un changement radical dans notre modus vivendi. Grâce au covid-19 ou à cause de lui, c’est selon, beaucoup de pratiques ont été temporairement délaissées ; ce qui pose sur la table la pertinence de leur maintien en dehors de la situation de crise qui sévit. Le moins qu’on puisse  dire c’est qu’on ne se passe pas d’une chose essentielle pendant une longue durée sans en souffrir !

Une occasion pour réguler le transport

C’est l’opportunité rêvée pour les gouvernants de mettre fin à l’anarchie qui rythme le transport en commun au Sénégal. En effet, ce secteur a toujours été en déphasage avec le Sénégal que nous vendent les tenants du pouvoir dans leur si ambitieux programme du PSE. Autant sur le plan de son organisation que celui de son fonctionnement, le transport au Sénégal traine des failles si importantes qu’il occasionne souvent des accidents.

Le laisser-aller, érigé en modus operandi dans le secteur du transport, a causé d’importantes pertes économiques et humaines inestimables. Rien que pour l’année 2019, les statistiques font état de plus de 600 tués dans des accidents de la route et près de 20 000  victimes. A l’origine de ces malheureux incidents, 80% est accordé à l’indiscipline des acteurs qui font souvent fi des règles de conduite établies par le code de la route. En termes financiers, les pertes sont estimées à des dizaines de milliards FCFA à en croire Matar Faye, directeur exécutif de l’Association des assureurs du Sénégal : « les accidents de la circulation, qui constituent un véritable fléau, coûtent excessivement cher à notre pays. C’est 1 à 2% de notre PIB et presque 74 milliards FCFA qui sont dépensés en termes de réparation, d’indemnisation, d’immobilisation des véhicules mais également en terme d’assurance ».

Cependant, il ne faut pas perdre de vue que le plus grand mal à combattre pour un transport de renouveau se situe au niveau des surcharges notamment pour ce qui est du transport urbain à Dakar. le manque de vigilance sur  la surcharge entraine une course poursuite entre les chauffeurs qui veulent continuer de remplir leurs véhicules, où les passagers s’entassent déjà comme des sardines au vu et au su de tous, policiers et des autorités du transport inclus.

A toute chose, malheur est bon ! Le coronavirus a dicté une conduite positive, une règle  nouvelle, aux chauffeurs et passagers, se substituant ainsi aux autorités impuissantes de prendre en charge la question. La régulation du transport imposée par le covid-19 doit se poursuivre au-delà de la crise sanitaire. Les surcharges doivent être bannies à tout jamais de même que le contrôle en vigueur des routes principales et secondaires doit être maintenu. Il faut rappeler que c’est cette manie des autorités de rester indifférentes à de telles bêtises humaines qui a été à l’origine du naufrage du bateau « Le Joola », le 26 septembre 2002. Tant va la  cruche à l’eau qu’à la fin elle  se casse!

C’est maintenant au ministre des transports de corser davantage les sanctions et de maintenir celles en vigueur pour les chauffeurs fautifs de transport clandestin. En sus du permis à point, il faut à titre dissuasif, insérer dans la  batterie de sanctions la mise à fourrière des voitures impliquées dans des cas flagrants d’indiscipline ayant abouti à des accidents  ou leur retrait du circuit pour une durée déterminée.

Mobiliser les forces de l’ordre pour garantir la sécurité

Depuis l’entrée du couvre-feu, les agressions et crimes ont cessé de faire les choux gras de la presse. Les colonnes « société » ou « faits divers » des journaux ne sont pas aussi animées qu’elles étaient auparavant. Hormis les violations de l’état d’urgence et du couvre-feu par une catégorie de citoyens, la société vit dans une paix imperturbable du fait de l’implication des forces de défense et de sécurité qui veillent au grain. Même s’il  faut quand même  déplorer  des cas de vols armés opérés  en plein couvre-feu, force  est  de constater qu’il  y a  une  forte avancée sur ce plan.

Même s’il est difficile de penser à la prorogation du couvre-feu au-delà de la crise sanitaire, il y a lieu de souhaiter que les mêmes moyens sécuritaires soient déployés pour que soit possible la libre circulation en toute sécurité des personnes et des biens. Le nombre de féminicides, chiffré à une vingtaine en 2019, cumulé au nombre d’agressions , dicte que soit maintenu le dispositif de surveillance dans les zones urbaines et périurbaines. Pour  mémoire, les agressions et viols avaient fini de prendre une telle ampleur que l’Assemblée nationale a légiféré pour la criminalisation du viol, le 31 décembre  dernierUn couvre-feu de minuit à 05h du matin, par exemple, réduirait à coup sûr les crimes ignobles quasi-quotidiens qui ont fini par faire du Sénégal un des pays les moins sûrs en Afrique de l’Ouest.

Interdiction des rassemblements pour un nouveau code social

Après le covid-19, la distanciation sociale ne saurait continuer d’être partie intégrante de notre quotidien. Pour autant, des mesures dictées par le coronavirus, sur le plan social, devront continuer de faire office de loi. En vérité, il y a un certain nombre de pratiques que la société a pu laisser le temps que le virus s’en aille. Et à y voir de près, ces habitudes devenues nature de l’homosenegalensis n’ont aucune raison de revenir pour perturber le nouvel ordre social établi par le covid-19.

Pour qu’advienne un nouvel ordre social, à l’image du nouvel ordre mondial chanté à hue et à dia, il nous faut établir un nouveau contrat social qui bannirait le folklore et les rassemblements sans portée. Au moment où le maitre mot est comment aider nos économies à se relever de leur affaissement, il ne doit plus y avoir des rassemblements révélés futiles et inopérants. Qu’on ne s’y méprenne pas, tous les rassemblements ne sont pas d’égale valeur. Ceux concernant les lieux de culte ou des funérailles doivent être distingués des cérémonies de réception de mariage ou autres baptêmes dont le caractère folklorique est établi. D’ailleurs, c’est pour parer à cela qu’a été  votée la loi N° 67-04 du 24 février 1967 pour interdire le  gaspillage dans  les  cérémonies familiales.Une loi tombée dans  l’oubli.

A la déliquescence économique, il faut pourtant répondre par une redéfinition des priorités sociales afin d’amoindrir la fracture sociale déjà insupportable. Les cérémonies de baptêmes et mariages, tels qu’elles se font aujourd’hui, laissent peu de chance aux Sénégalais d’en bas l’échelle. A cause de l’organisation de la société, nombre de jeunes des temps  présents, ne travaillent que pour avoir de quoi payer la dot et organiser un baptême grandiose alors que leurs revenus sont limités. La société est tellement intolérante et injuste face à cette catégorie de personnes qu’elles ne peuvent pas se payer le luxe de prétendre à l’idéal d’un homme : une chaumière et un cœur. A défaut des deux, la priorité se porte sur le deuxième élément, c’est-à-dire le ménage.  Point  de rêve pour un toit.

En maintenant l’interdiction des grands rassemblements pour les mariages, baptêmes et funérailles, le président Macky Sall ne fera que rendre service à la population surtout à ceux-là que la société ne cesse de maintenir dans des pratiques déphasées et totalement non essentielles. Parce qu’on a pu s’en passer pendant plus de 2 mois, la célébration à grandes pompes des mariages et baptêmes n’est pas une condition sine qua non pour leur validité. La preuve est que, malgré l’état d’urgence, des cérémonies de ce genre ont lieu chaque jour sans que personne ne brandisse le caractère valide ou non de telles célébrations. Pour un Sénégal émergent, il faut l’émergence de nouvelles attitudes,  de nouvelles règles, qui ne devraient en rien contraster avec l’urgence de bâtir une société idéale.

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